Scier la pierre avec une lame ou un fil d’acier entraînant un abrasif (sable) est une technique que connaissaient déjà les Romains. Au 19e siècle, les carrières envisagent de mécaniser ces opérations pour l’extraction et le débitage de la pierre. A côté des scieries qui coupent les blocs de pierre en tranches qu’on appelle les armures (voir le texte à ce sujet), le fil hélicoïdal scie la pierre au gisement et sur le chantier. Il est constitué d’un câble métallique torsadé enroulant trois fils d’une épaisseur de 5 à 6 millimètres dont l’aspect rappelle une hélice (d’où son nom).
En 1854, le technicien français Eugène Chevalier dépose un brevet.
Paulin Gay de Nismes (aujourd’hui Viroinval) travaille à son utilisation pour l’extraction du marbre dans la région de Namur.
Michel Thonnar (1844-1907) d’une famille d’industriels namurois travaille à sa mise au point. Son père était fondeur de fer et de cuivre et sa mère possédait des carrières de marbre noir à Mazy. Il a élaboré en 1884 des poulies à rotules qui conduisent et orientent le cable de sciage. Il aurait aussi inventé la perforatrice destinée au creusement des puits où sont placées les colonnes métalliques supportant les poulies. Les premiers essais eurent lieu en 1874 au gisement de marbre rouge de Senzeilles .
En 1884, un rapport détaillé a été rédigé, pour les Travaux Publics, à la carrières Wilmart à Yves-Gomezée (Walcourt).
Après 1885, la technique va se répandre dans les carrières, notamment dans le bassin de petit-granit du Hainaut pour l’extraction et le débitage de la pierre. Le fil sera en usage, pour l’extraction, entre les deux guerres à la Carrière de la Dendre à Maffle. Il sera aussi installé au chantier Gain-Bougard après la seconde guerre mondiale.